Conte 1

Il était une fois…un beau prince solitaire. Jamais il n’avait connu l’amour et ne s’en portait pas plus mal. Un jour, son ami prépara une grande fête destinées à toutes les personnalités du Royaume. Soirée mondaine fort agréable pour ce prince habitué aux longues soirées solitaires. Rien ne pouvait entacher ce moment délicieux et surtout pas cet instant passé avec cette jeune fille adorable.

Ce n’était qu’une princesse de grands chemins qui aimait à hanter ces soirées magiques. Rien n’aurait dû attirer les regards sur cette jeune personne : discrète, pas plus jolie qu’une autre, elle aurait pu disparaître, invisible, dans le décor. Pourtant, toutes les attentions, tous les discours, toutes les danses étaient pour elle…Quel pouvoir, quelle sorcellerie était à l’origine de cette incohérence ?

Curiosité insoutenable, tout le monde voulut percer le secret mais personne ne comprit. Un seul sut regarder ce qui étincelait de vérité. Un seul put deviner cette évidence éclatante. Le jeune prince avait laissé parler son cœur.

Elle était belle cette princesse avec sa joie de vivre, son sourire éternel, ses yeux pétillants de bonheur. Elle était magnifique avec sa spontanéité, sa façon d’écouter et de rire à toutes les joies de la soirée.

Amoureux transi, cœur brisé, le prince fut piétiné lorsque son ami lui rappela cette triste réalité : « Cette princesse est indigne de toi. Elle ne possède pas ton rang. Elle entacherait ton histoire. Tu ne peux la revoir. » Ne pouvant répondre, connaissant trop bien le rôle qui lui était imputé, il ne se battit pas contre sa destinée et laissa partir l’être qui avait réveillé son cœur.

Quand ces mots parvinrent jusqu’à la jeune princesse, une colère, une rage folle la submergea. Comment ! Ce prince qui avait tremblé d’amour pour elle, qui avait su regarder si loin en elle, n’était rien d’autre qu’un pleutre ? Sans nul doute, un sort devait en être la cause. Elle se mit donc en quête de la sorcière responsable de sa tourmente.

A l’orée d’un bois, au sein d’un marécage, dans une cabane en bois d’où émanaient des odeurs insoutenables, elle trouva l’infâme, l’abominable jalouse. Sans même attendre une excuse, une furie défonça une porte vermoulue et frappa un être vil qui empêchait un bonheur de naître. La fautive à demi assommée, perdue dans un sommeil percutant, confessa son crime sans tarder.

Absurdité de la vie, elle aimait un prince solitaire qui n’avait jamais pensé à regarder une seule femme. Chanceuse, se disait-elle, un jour il viendra vers elle. Mais l’horreur s’était commise, le destin l’avait rattrapée, l’amour lui avait pris son fiancé imaginaire. La leçon était comprise, le malheur était sa vie, le sort fut aboli.

Tristesse, culpabilité. La jeune princesse était confuse pour la pauvresse…mais heureuse quand, à son retour au château, elle put se blottir dans les bras de son amant.

 

Moralité : il n’y a pire cœur que celui plein de noirceur. Jalousie n’inspire pas l’âme, elle la cloître. Un sort était pourtant facile : « Tombe amoureux de moi beau prince, oublie ma laideur et ma pestilence, je suis une sorcière et je t’aime. »

Idiote petite sorcière…

2 Réponses à “Conte 1”

  1. jaclyn dit :

    Quelle belle histoire !

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Une secrétaire en péril (Episode 40: Autour du monde)

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