Conte 5

Il était une fois…un petit garçon qui vivait dans un pays merveilleux. L’herbe était d’un beau vert émeraude, le soleil brillait tous les jours, ses parents étaient aimants et protecteurs, les gens étaient riants et empathiques. Alors qu’il se promenait au bord de la mer, une bourrasque géante le souleva de terre, le fit traverser la mer et le déposa de l’autre côté de la terre.

Tout était gris et sale. Les maisons étaient délabrées, les gens pleuraient autour de lui. Il ne connaissait ce pays, et ne voulait surtout pas y rester. Il sentait l’apathie s’abattre sur lui, la douleur l’envahir. Il se força à marcher dans les rues, pour continuer à sentir la vie couler dans ses veines. Il essayait de parler aux passants, mais aucun regard ne lui était adressé, aucune parole ne venait le réconforter.

Il finit par croiser une petite fille, qui elle ne pleurait pas, qui jouait à la marelle en silence. Il lui demanda ce qu’était ce pays et pourquoi tout le monde était triste. « C’est mon pays. Nous sommes tristes parce que nous pleurons nos morts ». « Pourquoi ne pleures-tu pas ?  » « Je ne connais que la mort, j’ai pris l’habitude. Elle n’est pas aussi triste finalement. Elle est même parfois libératrice. »

« Je viens d’un pays où la mort n’existe pas. Si tu m’aides à partir d’ici, je t’emmènerai avec moi. »

La petite fille lui trouva un bateau et quelques vivres. Ils prirent la mer tous les deux et au bout de 7 jours, retrouvèrent la terre du petit garçon.

La petite fille n’en revenait pas. Elle n’avait jamais goûté à la vie avec autant de facilité. Elle fut accueillie à bras ouverts par les parents du petit garçon. Elle apprit à rire, à jouer, à écouter, à parler. Tout le monde était tellement heureux !

Un jour, la mère du petit garçon mourut. Elle disparut tout simplement. Plus personne ne se souvint d’elle, elle n’était plus, n’était pas pleurée, n’avait laissé aucune trace de son passage.

La petite fille ne pouvait pas rester dans ce pays. Elle avait besoin de se souvenir, de rire avec ses morts, de les pleurer. Ce n’était pas de la facilité d’oublier une existence, c’était une perte de soi, de ce que l’autre avait apporté, enseigné. Le petit garçon se souvint de ce qu’il avait ressenti chez elle et comprit. Il repartit avec elle.

Il resta trois ans dans cet autre pays où pleurer sa mère était une bénédiction, où se souvenir était important, où remercier sa mère était une évidence. Quand il fut prêt, il repartit avec la jeune fille dans son pays. Ils se marièrent et vécurent heureux.

 

 

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