Tunnel neuronal

Je ne voulais pas, mais elle m’a laissée entrer. C’était juste une phrase, inachevée, pleine de sous-entendus…et j’ai remonté la piste.

J’y ai lu la tristesse, le désespoir, le mal-être, l’acceptation, l’absence, le vide.

Son choix a été radical. Elle n’ouvrirait plus jamais de porte vers l’autre, la perte est trop difficile, trop douloureuse. Elle ne sera le fardeau de personne, ne construira rien, ne gênera pas, ne subira plus.

Sa vie sera un chemin simple à suivre. Elle a trouvé un travail et il a pris toute la place. Elle se lève pour lui, se bat pour lui, s’est marié avec lui, mourra sans lui.

Elle ressent tout changement routinier comme une attaque personnelle, brutale, insupportable. Ses pulsions de vie sont directement impactées. La mélancolie remonte à la surface, prend toute la place, emplit ses pensées, la détruit. La routine doit revenir, la protéger, la diriger, la contenir, la faire avancer.

Si son travail part en morceau, elle sous-entend…et me voilà pris dans un tunnel neuronal…

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