Observateur

Je n’ai pas compris de suite. Elle était efficace, volontaire, ne comptait pas ses heures. Elle captait, gérait, tout allait bien. J’avais tellement à faire, j’avais besoin d’elle. Elle prenait mes rendez-vous, vérifiait mes horaires de train, réservait l’hôtel, me trouvait les meilleurs trajets. Je gagnais du temps au quotidien, elle s’arrangeait pour que je sois détendu. J’ai délégué, délégué, elle continuait à faire.

Lorsqu’elle partait en congé, je reprenais les choses en main, je m’occupais de moi, je gérais. Dès son retour, je  n’arrivais plus, j’avais besoin d’elle, je ne savais plus faire.

Alors, j’ai joué l’observateur. J’ai mis des caméras pour comprendre mon apathie en sa présence. J’ai visionné.

A chaque fois qu’elle me frôlait, rentrait dans mon bureau, elle respirait une partie de mon âme. Je la voyais s’envoler, disparaître, engloutie petit à petit. Incidemment, elle se rapprochait de mon cerveau, grignotait, s’insérant entre mes aires, aspirait mon libre-arbitre, ma réflexion, mon moi.

J’ai tout quitté, fuis à jamais cette sangsue, cette vampire.

J’ai gardé les scènes qui ont été filmées, je les visionne régulièrement pour ne pas oublier de continuer à observer.

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